Comment des sociétés comme Orange dont la raison d’être est le digital, en sont arrivées à prôner aujourd’hui la déconnection ?

Comment des sociétés comme Orange dont la raison d’être est le digital, en sont arrivées à prôner aujourd’hui la déconnection ?

Dans leur nouvelle campagne de sensibilisation, Orange annonce en grand : « Nous avons tous de grands pouvoirs. Nous avons tous de grandes responsabilités »

Notre conscience est aujourd’hui tournée vers le digital, à défaut d’être tournée vers soi et vers le monde. Ce monde hyper connecté sollicite notre cerveau partout et tout le temps, sauf ici et maintenant. Si nous ne pouvons pas aller à l’encontre de l’évolution, qui est celle du développement des technologies et du digital, nous sommes cependant responsables de la façon dont nous percevons et utilisons cette technologie. Mais aussi de la façon dont nous la laissons impacter nos fonctions cognitives et notre relation au monde. 

Protéger notre cognition et nos relations, passera avant tout par une prise de conscience. Nous devons faire preuve de recul sur notre propre fonctionnement. Cette faculté s’appelle la métacognition et décrit le fait de réfléchir à ses propres processus mentaux.


Digital et performance cognitive : le duo perdant 

Le digital impacte un large éventail de fonctions cognitives allant de notre mémoire à notre durée d’attention, jusqu’à nos rythmes de sommeil et la régulation de nos émotions. Le digital influence même la couleur de nos rêves !

A cause de cette transformation digitale et de la multiplication des moyens de communication, nous devons constamment capter, traiter et restituer des informations en très grand nombre. Notre cerveau est donc bombardé sans relâche,  l’obligeant à être multi-tâches… ce qu’il ne peut pas être s’il veut rester efficace. La concentration sur une seule et même tâche devient très difficile. 

Il est nécessaire de comprendre que même notre cerveau, cette machine incroyable, a ses propres limites et qu’il lui arrive d’être en surcharge. Pour se protéger de cette surcharge, notre cerveau met en place une barrière naturelle : un filtre attentionnel. Cela signifie qu’il sélectionne les informations auxquelles il doit porter attention. Cependant, il ne peut traiter qu’un certain nombre d’éléments informatifs. Passé ce seuil, faire le tri devient plus difficile et certaines informations importantes passent à la trappe, au profit d’informations inutiles et dénuées de sens. Le problème est que dans notre société hyper connectée et digitalisée, cette limite de traitement d’informations est très rapidement atteinte. Ne pas prendre conscience de cette sur-sollicitation peut impacter profondément l’efficacité et le bien-être d’un individu.

Notre relation aux autres change selon la manière dont nous utilisons le digital

Le digital influence la façon dont nous pensons, dont nous nous comportons et dont nous interagissons avec les autres. 

Les images ci-dessous tirées d’une campagne de sensibilisation ayant été maintes fois relayée sur Facebook ces derniers jours, illustrent très bien les études dont nous allons vous parler :   

Très récemment, une étude publiée par le Journal of the Association of Consumer Research de Chicago, a montré que le simple fait d’avoir son téléphone dans une pièce, même éteint et même si vous faites tous les efforts pour l’ignorer, réduit quand même votre capacité cognitive disponible. En effet, capter une information provenant spontanément de notre environnement se fait sans effort conscient et pourtant cela représente un coût énergétique pour notre cerveau (comme nous vous expliquions plus haut). Energie qu’il ne pourra alors pas allouer à d’autres tâches ou d’autres informations. Par conséquent, recevoir la notification d’un sms pendant un verre entre amis par exemple, vient brouiller notre attention. Même si vous n’ouvrez pas ce sms, vous n’êtes déjà plus à 100% de votre attention, présent à l’autre et au monde. Et plus vous êtes dépendant de votre appareil, plus ce coût cognitif est important. 

Votre téléphone posé sur la table peut diminuer le plaisir d’un dîner entre amis

Il faut ajouter à cela qu’une autre étude menée par des chercheurs de l’Université de Colombie Britannique a démontré que même une utilisation courte et rapide du téléphone lors d’un verre entre amis était suffisante pour réduire le plaisir que vous preniez à vivre ce moment. 

Dans cette étude, les personnes qui avaient leur téléphone à côté d’eux lors d’un verre ou d’un dîner entre amis, non seulement l’utilisaient plus souvent mais ont en plus indiqué avoir eu moins d’intérêt dans la relation et avoir ressenti moins de plaisir à échanger avec la personne. 

Votre relation au digital pourrait entraver votre capacité d’empathie

Plus inquiétant encore, une étude a montré que plus vous êtes distrait lors d’une conversation, plus il vous est difficile de ressentir des émotions dites profondes comme l’empathie. Pour la simple et bonne raison qu’il est plus facile de ressentir de l’empathie pour quelqu’un dont on perçoit les expressions faciales et le comportement non-verbal. Lorsque vous êtes sans cesse distrait par un appel ou par un message qui arrive sur votre téléphone,  il vous sera plus difficile de ressentir des émotions profondes pour l’autre, dont de l’empathie. 

Cette étude montre d’ailleurs que les personnes empathiques tendent à passer moins de temps sur leur téléphone et les réseaux sociaux que les personnes moins empathiques. 

Il est donc venue l’ère de prendre conscience que l’Homme a une utilisation du digital qui nuit non seulement à ses capacités cognitives, mais aussi à ses relations avec autrui et à ses émotions. Chez Open Mind, nous avons la conviction que la technologie peut être utilisée à bon escient pour vous aider à mieux vous connaître et à mieux vivre votre environnement. Il est venue l’ère de réaliser que le digital et plus largement la technologie, doit être mise au service de l’amélioration de votre vie.