Stress : Les pouvoirs de votre perception

Stress : Les pouvoirs de votre perception

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Le stress, élu ennemi numéro 1 de la santé publique.

Et pourtant, saviez-vous qu’en réalité, c’est votre perception du stress qui a un impact sur votre santé ? Plusieurs études démontrent que le stress n’est réellement mauvais pour vous que si vous croyez que c’est le cas. En voici un aperçu. 

Une perception positive du stress réduit votre risque de mourir prématurément

En 1998, aux Etats-Unis, la National Health Interview Survey posa à la population Américaine les deux questions suivantes : 

A quel point avez-vous ressenti du stress cette année ? 

Pensez-vous que le stress nuit à votre santé ? 

8 ans plus tard, en 2006, des chercheurs de l’Université Wisconsin-Madison ont repris les réponses à cette étude de 29 000 personnes et les ont croisées avec l’Index National de Mortalité. Leur objectif était d’examiner la relation entre la quantité de stress ressenti, la façon de percevoir son stress et les conséquences sur la santé et la mortalité. 

Ils en sont arrivés à la conclusion que les personnes ayant vécu beaucoup de stress durant l’année précédant l’étude, voyaient leur risque de mourir prématurément augmenter de 43%. 

MAIS, ce n’était vrai que pour les personnes croyant que le stress était nuisible pour leur santé. En effet, les personnes ayant été beaucoup stressées mais ne croyant pas que le stress était nuisible pour leur santé, avaient le plus faible risque de mourir. Ce risque était même encore plus faible que celui des personnes témoignant n’avoir pas ressenti beaucoup de stress l’année précédente. 

Il ne sert à rien de s’évertuer à voir une situation comme moins stressante qu’elle ne l’est réellement pour vous

Une autre étude mettant en avant l’impact de la perception du stress est celle de J.P. Jamieson, chercheur à l’Université d’Harvard. En 2011, Jamieson a demandé à trois groupes de personnes de réaliser un test de stress social (Le Trier Social Stress Tests, TSST; Kirschbaum et al., 1993). Ce test consistait à délivrer une présentation orale de 5 minutes, filmée, et face à deux évaluateurs. Durant toute la durée de la présentation, les évaluateurs renvoyaient un feedback négatif (sourcils froncés, bras croisés, incompréhension etc.) Puis, les participants devaient réaliser une tâche arithmétique qui consistait à compter à l’envers de 7 en 7 à partir de 996, pendant que les évaluateurs renvoyaient toujours un feedback négatif. 

Avant cette expérience, trois groupes ont été constitués de façon randomisée : 

  • Au premier groupe, les chercheurs leur ont appris à percevoir le stress comme non dangereux, et que les réactions physiologiques du corps face au stress sont nécessaires pour mieux performer. Ils leur ont appris à penser leur réponse au stress comme utile, à voir un coeur qui bat vite comme une préparation à l’action et une respiration qui accélère comme un apport plus important d’oxygène au cerveau. Ces signes sont le témoignage d’un corps qui se prépare à relever un défi.
  • Au deuxième groupe, ils leur ont appris à percevoir la situation comme moins stressante qu’elle ne l’est réellement pour eux. Pour cela, des astuces de réduction du stress leur ont été enseignées. Par exemple, les participants ont appris à imaginer un grand X à côté des évaluateurs et à fixer visuellement ce X pour contrer le stress que procurait les évaluateurs. 
  • Aucune intervention n’a été faite auprès du troisième groupe. C’est ce qu’on appelle le groupe contrôle. 

Les résultats ont été sans appel : les personnes ayant appris à percevoir différemment le stress,  c’est-à-dire comme les aidant à vivre la situation, étaient plus performants lors des tâches assignées, moins anxieux et plus confiants. De plus, leurs réponses physiques avaient aussi changé. Dans une réaction physiologique typique face au stress, on observe une augmentation du rythme cardiaque entrainant une vasoconstriction. Mais lorsque le stress était vu comme aidant, les vaisseaux sanguins sont restés détendus même si le coeur battait vite. C’est à peu prêt la réaction que nous pouvons observer dans les moments de joie ou de courage.  

Ces études à grande échelle nous apprennent donc que lorsque nous changeons notre perception du stress, nous changeons la réponse de notre corps face à ce stress. 

Il ne s’agit donc pas de minimiser la situation stressante ou les effets réels du stress sur notre corps. Il s’agit de prendre la situation telle qu’elle est et de percevoir ce qu’elle nous fait sentir comme positif et stimulant. Lorsque vous percevez vos réponses physiques au stress comme « mon corps m’aide à relever ce défi », votre corps vous croit et votre réponse au stress devient plus saine. 

L’origine que vous attribuez à votre stress influence son impact sur votre santé

En plus de la perception que vous avez des effets du stress, votre perception de l’origine du stress a aussi un impact. 

Il existe en psychologie un phénomène que l’on nomme Locus de Contrôle, c’est-à-dire la tendance que les individus ont à considérer que les événements qui les affectent sont le résultat de leurs actions (locus interne) ou, au contraire, qu’ils sont le fait de facteurs externes (locus externe). La recherche a montré que ceux qui se tenaient responsables de leur stress et de ses manifestations (locus interne), étaient plus à même d’être en bonne santé et d’être heureux. Alors que ceux attribuant entièrement leur stress aux évènements externes (locus externe) étaient plus à même de développer des troubles anxieux et dépressifs.

Nos perceptions gouvernent nos réponses émotionnelles, physiologiques et nos comportements. La bonne nouvelle, c’est qu’une perception ça se change. Celle-ci est construite à partir de croyances, présupposés, valeurs et conditionnements. Et en prenant conscience de nos croyances ou suppositions déformées c’est un premier pas vers une réduction conséquente du stress. 

Auteur : Anaïs Roux